Edito

Une nouvelle ère s’ouvre, celle de l’employee activism

Des ouvriers qui ramassent des déchets, des techniciens qui raccordent la fibre, des caissières, des postiers, des conducteurs de métro… tous mobilisés pour permettre au pays de fonctionner pendant la crise. Ces images de travailleurs en première, seconde ou troisième ligne nous ont rappelé le vrai sens de « l’utilité ». Oui, derrière les organisations et leur stratégie, derrière la performance et leurs chiffres, derrière les marques et leur image, il y a toujours des hommes et des femmes. Il y a leur mobilisation et le sens qu’ils mettent dans leur action. Il y a les raisons de se lever le matin.
J’ai la chance d’accompagner depuis plusieurs années le groupe Orange, qui a pleinement intégré le fait que les salariés étaient au cœur de la création de valeur et qu’il fallait mettre la communication interne à leur service, et non l’inverse. Tous les dispositifs de communication qu’Orange déploie en interne visent à créer de l’engagement chez les salariés. Quand on fait du conseil en communication interne auprès d’un client comme celui-là, on sait que l’on peut s’appuyer sur ce terreau formidable que sont la fierté et la mobilisation des salariés, et ça change tout. C’est le sens des activations d’employee advocacy qui ont été menées l’année passée concernant la formalisation de la raison d’être et qui ont vu les salariés intégrés à ce chantier dès le départ.
Nous sommes désormais en 2020, une année qui marque a bien des égards le commencement d’un temps nouveau. Pour ces entreprises qui ont déjà pris à bras le corps ce sujet de l’engagement, une nouvelle ère s’ouvre désormais, celle de l’employee activism. Ce mouvement prend de l’ampleur aux Etats-Unis, avec 38% d’employee activists affirmés et 11% d’employee activists potentiels[1]. Les collaborateurs activistes, ce sont les collaborateurs qui se servent de leurs convictions profondes pour faire bouger les lignes en interne. Ils adhèrent aux valeurs de leur entreprise, mais ils souhaitent la voir bouger et se transformer plus rapidement. C’est un véritable accélérateur de changement pour répondre aux enjeux sociétaux structurants, comme par exemple l’urgence climatique ou les discriminations. Les entreprises doivent donc veiller à créer un climat propice à ce nouveau répertoire d’expression des salariés. Les entreprises ont tout à y gagner ! A nous, communicants, d’imaginer les espaces, les moments, et les nouveaux outils qui permettront aux salariés d’endosser ce nouveau rôle en France.

Loïc Le Phuez, directeur associé, Havas Paris People
 

[1] KRC Research. Employee activism in the age of purpose: employees (up)rising. June 2019
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